FMJE : Pierric Annoot
En ce moment a lieu le FMJE, le Festival Mondial de la Jeunesse et des Etudiants, en Afrique du Sud – une dĂ©lĂ©gation composĂ©e de plusieurs jeunes communistes, dont 2 de la fĂ©dĂ©ration des Yvelines, s’est envolĂ©e il y a quelques jours pour s’y rendre. C’est une expĂ©rience importante et très enrichissante de partage et de dĂ©bat que tu peux suivre en vidĂ©o depuis le site national .
Pierric Annoot, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Mouvement, a rĂ©pondu Ă une interview de CommunisteS sous le mot d’ordre de ce 17ème FMJE : « Pour un monde de paix, de solidaritĂ© et de transformation sociale. Vaincre l’impĂ©rialisme ! »
POURQUOI L’AFRIQUE DU SUD ? Pierric Annoot : Parce qu’il y a là deux symboles forts en 2010. On a fêté en début d’année les vingt ans de la libération de Nelson Mandela, qui marque la fin de l’apartheid et l’établissement de la démocratie dans ce pays. L’Afrique du Sud a connu des progrès et des changements énormes et en même temps elle fait face à de grands défis, les inégalités entre Blancs et Noirs qui subsistent, de gros défis économiques aussi, qui ne sont d’ailleurs pas étrangers aux problématiques du monde entier. Par exemple, le gouvernement De Klerk, le dernier gouvernement blanc, avait, avant de sombrer, contracté des emprunts importants auprès du FMI qui ont ensuite aiguisé la crise. Le deuxième symbole fort est que ce festival se tient sur un continent où nombre de pays célèbrent en 2010 le cinquantenaire de leurs indépendances ; on voit là tout ce qui avance dans le bon sens et en même temps tout ce que ça cristallise comme questions.
ET L’ÉTAT DE LA JEUNESSE DANS LE MONDE ? P. A. : Cet été, il y a eu une enquête du BIT (Bureau international du travail) sur la jeunesse ; l’étude n’était pas surprenante ; elle fait état d’un taux de chômage et de pauvreté record pour les jeunes du monde entier. C’est ce que nous constatons malheureusement ces dernières années, à savoir que les jeunes sont les plus touchés, les premières victimes de la crise ; ce sera une forte problématique de ce festival. Les milliers de jeunes qui vont se retrouver à Johannesburg sont touchés par les mêmes conséquences de la crise, à des degrés divers évidemment. Ils vont vérifier qu’ils portent les mêmes rêves, ils vont confronter les chemins parfois différents qu’ils empruntent pour changer aujourd’hui, leurs manières de résister, de travailler à l’émancipation des peuples. On parlera de transformations sociales, de lutte contre l’impérialisme.
ET LA DÉLÉGATION FRANÇAISE ? P. A. : La délégation comprend cinquante jeunes communistes du MJCF auxquels vont s’ajouter quinze jeunes communistes de La Réunion. Ce qu’on souhaite mettre en débat ? Le rôle des institutions internationales par exemple ( il y a un atelier sur le sujet), institutions non légitimes genre FMI ou G20 que préside Sarkozy ; on va pointer le rôle de ces institutions. On va voir comment, à peu de choses près, les mêmes politiques d’austérité sont imposées à nombre de pays avec le prix qu’on fait payer aux peuples. Ce sont les mêmes remèdes de choc qu’on impose aux pays d’Afrique ou latino-américains ; on devrait donc beaucoup échanger sur ce capitalisme sauvage qui plonge les gens, les jeunes dans la misère. Il sera aussi beaucoup question des résistances ; on le voit aujourd’hui en Grande-Bretagne, en Italie, en Allemagne, en France. La mobilisation des jeunes, ces dernières années, exprime des choses fortes, des changements s’opèrent dans leur prise de conscience de l’impasse capitaliste. Sont prévus aussi des ateliers sur l’avenir écologique de la planète, mise en cause par ce système d’exploitation. On va discuter du rôle des banques : Comment avoir un pouvoir sur ces structures ? Comment les faire revenir dans le giron public ? Elles semblent aujourd’hui hors d’atteinte des peuples, voir par exemple l’indépendance scandaleuse de la BCE, la Banque centrale européenne. On va confronter et avancer sur toutes ces questions avec d’autres jeunes d’autres pays qui portent sur ces enjeux un regard probablement différent. Comment gagner de nouveaux droits, de nouveaux pouvoirs pour remettre en cause la toute-puissance du système financier ? Toutes ces questions qui traversent l’Union européenne concernent finalement tous les pays.





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