Nucléaire : ne nous faisons pas voler un débat nécessaire !

Le séisme et le tsunami qui ont touché le Japon suscitent une émotion à la hauteur de l’horreur. Il est urgent que se déploie une solidarité massive et planétaire avec le peuple japonais durement meurtri et nous incitons à cet effet à soutenir tous les efforts du Secours Populaire Français.

Cette catastrophe fait maintenant planer un scénario du pire : la menace d’un rejet massif de radioactivité dans l’atmosphère après la détérioration du réacteur de la centrale nucléaire de Fukushima qui repose avec force la question de la sécurité nucléaire.

Cette question fondamentale ne peut pas être uniquement traitée sous le coup de l’émotion et faire oublier l’énormité de l’épreuve actuellement traversée par le peuple japonais.

Elle appelle un débat sérieux et serein, à mille lieues des scandaleuses tentatives de récupération politicienne des phraseurs qui bêlent à perdre haleine pour faire des voix sur le martyre des peuples.

En tant que communistes, nous affirmons en tout premier lieu le droit inaliénable à une énergie pour tous. Dans notre monde, être privé d’électricité est un lourd handicap et une injustice absolue.

Dans le même temps, ce droit à l’énergie ne peut se penser sans le respect des vies humaines et donc de l’environnement.

Pour répondre à ces objectifs, le nucléaire présente des avantages certains : environnementaux (production de gaz à effets de serre très faible), techniques (une tonne d’uranium permet de produire 500 000 fois plus d’énergie qu’une tonne de pétrole) et sociaux (le coût, incomparablement faible, permet d’assurer une énergie pour tous). Cette technique relativement récente pose encore des problèmes qu’on ne saurait nier : déchets et dangerosité en cas d’attaque humaine ou « naturelle ». Pour autant, s’en passer, dans l’état actuel des choses, poserait des problèmes considérables mettant à mal l’horizon d’un droit à l’énergie pour tous et générant des pollutions insupportables (charbon, gaz, pétrole) pour les populations proches et pour la planète.

L’enjeu tient donc d’abord à la maîtrise publique et transparente de cette énergie. La loi du profit à tout prix qui a tant participé à la catastrophe nipponne, montre là encore ses limites indépassables. On ne peut pas laisser cette affaire trop sérieuse à des actionnaires rapaces prêts à tout pour assurer leurs profits. L’énergie doit relever d’un service public en toute démocratie et en toute transparence : tous les investissements en matière de sécurité, d’entretien et de contrôles doivent être effectués sans calcul de boutiquier. Exigeons pour cela un pôle public de l’énergie !

Le deuxième enjeu, c’est la recherche. Il faut un investissement public massif dans celle ci pour dépasser la fission nucléaire et relever le défi de l’accès à l’énergie pour tous.

Troisième et dernier enjeu, la production tout entière. Il faut travailler à produire des biens qui consomment moins d’énergie. Surtout, nous devons en finir avec la surproduction inutile alimentée par la meute débridée des publicitaires de tous poils. Il faut aller vers une gestion démocratique de la production qui permettra, à coup sûr, des économies d’énergie massives.

Dès maintenant, nous appuyons la demande du PCF d’une commission d’enquête parlementaire sur la réalité de la sûreté nucléaire en France face à toutes les éventualités d’accidents et de risques liés à l’alea naturel et le retour de l’ensemble de la filière de l’énergie dans un grand service public .

Déjà, au Japon, des révélations sur la réalité de la gestion de la transnationale Tepco qui exploite les centrales nucléaires de Fukushima mettent en cause la rapacité capitaliste au détriment de la sécurité. Dès 2003, Tepco tablait sur « une réduction des coûts de maintenance » pour « sécuriser » ses profits.

La même politique de déréglementation (loi NOME, ouverture à la concurrence) et de privatisation (GDF, EDF, Areva…) est mise en Å“uvre par le droite en France répondant aux injonctions de l’Union Européenne.

Assurer l’accès à l’énergie pour tous et la préservation de l’environnement sont incompatibles avec la vision à court terme de la rentabilité financière.

Les jeunes sont les premiers concernés par ces questions d’avenir. Ne nous laissons pas voler notre débat !


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